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Château de Montorient

Dans le numéro précédent nous avons parlé du passé prestigieux du sénateur Théodore VERNIER ainsi que  de sa maison de Montorient.

Dans ce nouveau Bulletin  nous aimerions vous rapporter la description de la Maison de Montorient  par le propriétaire lui-même. Voici l'extrait tiré de son livre : « Description de la maison de Montorient et de ses points de vue par le Sénateur VERNIER son propriétaire ». Edité à Lons-le-Saunier  en juin 1807  Editeur Delhorme.

« Cette habitation ne doit rien à l'art, elle tient tous ses agréments, toute sa magnificence, de la nature. Il ne s'agit uniquement que d'une modeste habitation champêtre, assez vaste cependant pour y recevoir des amis. La chapelle consacrée à l'Etre-Suprême  est la partie la mieux ornée de l'édifice. A côté, deux petits domaines exploités par deux métayers différents avec un petit vignoble, mais dont les vins peuvent être servis sur les tables les plus distingués. La maison est composée d'un double appartement dont l'un prend jour sur la cour et donc l'autre donne issue, par trois portes vitrées sur une grande terrasse ombragée et au midi elle est terminée par un belvédère de plusieurs pièces. Tout autour un grand parc et un verger. La maison est bâtie à côté d'une ancienne tour, appelée tour de Montorient, qui elle servait de fanal oriental à tout le pays ainsi que d'avant-poste au château de Saint-Laurent.

Dans cette propriété il y a des puits de sources, des fontaines, des citernes et des abreuvoirs. L'eau y est partout »

Encore un mot sur le Sénateur VERNIER.
Nous savons déjà ce qu'il a fait pour le pays pendant la Révolution mais ajoutons encore ce qu'il a fait pour la ville de Lons-le-Saunier. En 1790, VERNIER qui faisait partie de la Commission chargée d'étudier la division en départements, était parvenu à forces d'instances, à faire choisir Lons-le-Saunier pour Chef-lieu du Jura au détriment de Dôle. Plus tard en 1814 ce choix fût critiqué et on parla sérieusement de transporter la préfecture à Dôle. C'est encore VERNIER qui fit repousser la pétition des Dolois.

Pour finir, nous ne pouvons que déplorer de n'avoir pas su garder et sauvegarder ce patrimoine

Château de Montorient

Le site du château de Montorient est actuellement en friche, peu d'indices permettent encore aujourd'hui d'en déceler la présence, si ce n'est quelques murs arasés, une citerne, un large fossé et quelques délimitations des jardins d'été de la maison bourgeoise.

Situé à l'extrémité nord du premier plateau sur la commune de Geruge, sa datation n'est pas aisée, les archives nous indiquent qu'il était en place en 1314 et que vers 1350 plusieurs maisons étaient présentes à proximité de la tour du logis. Mais nous ne connaissons toujours pas sa date de construction. Aucune habitation ni bourg n'est connu à proximité, il faut toute fois mentionner la maison bourgeoise de Montorient à une centaine de mètre au sud-ouest, mais au moment de l'occupation de cette maison, le château était déjà en ruine (mention 1890). A cette même époque plusieurs aménagements de terrasses et de jardins ont été créés sur le site du château abandonné.

Le plan du château s'apparente à un losange. La citerne devait se trouver dans le secteur des communs, légèrement éloignée de la partie sommitale où devait se trouver le logis. La zone du château est limitée sur trois côtés par des talus naturels abrupts, alors que le pan ouvert sur le sud-est possède un profond fossé de presque 8 mètres taillé dans le roc. Cette forteresse était considérée comme imprenable.

Comme l'ensemble des châteaux au bord du premier plateau, il possède une vue imprenable sur la Bresse, le mâconnais et le chalonnais et fonctionnait avec celui de Saint-Laurent-la-Roche distant de 4 kilomètres.

Dans le cadre d'un inventaire des châteaux de pierre en Franche-Comté, une équipe du CNRS a fait des relevés du château durant l'été 2004 (S. Guyot et M. Carlier).